Les victimes d’actes homophobes ont peur de porter plainte

Par WebmestreCommuniqués

Interligne annonce la sortie du rapport L’homophobie dénoncée

Montréal, le 1er mai 2014 — À l’approche de la Journée internationale contre l’homophobie, Interligne annonce la sortie du rapport L’homophobie dénoncée. Ce rapport analyse les résultats de l’expérience pilote lancée le 18 juin 2012 avec le déploiement du Registre des actes homophobes à déclaration anonyme et confidentielle.

« Ce projet avait pour but d’inciter les victimes et les témoins d’actes homophobes à prendre l’habitude de rompre le silence et de dénoncer les agresseurs », précise le président d’Interligne, Robert Asselin.

Entre le 1er mai 2012 et le 31 octobre 2013, 256 personnes ont déclaré 958 actes homophobes au registre. Ces résultats tranchent avec les statistiques officielles concernant les actes homophobes à caractère criminel ou à caractère discriminatoire.

Les actes homophobes rapportés aux autorités constituent une sous-représentation de la réalité, selon Laurent McCutcheon, ex-président d’Interligne et auteur du rapport : « La peur des conséquences explique ce décalage. Cette crainte est présente dans les déclarations reçues au Registre des actes homophobes où certaines victimes expriment directement avoir peur des menaces de mort si elles portent plainte et avoir peur de revoir l’agresseur. Pour d’autres victimes, la crainte de dévoiler leur orientation sexuelle est suffisante pour qu’elles ne portent pas plainte aux autorités. »

Selon Statistique Canada, la crainte de représailles atténue les déclarations des crimes haineux. « Les taux de sous-représentation fondés sur l‘orientation sexuelle sont plus élevés que celui des autres crimes haineux. » Une semblable sous-représentation est aussi observable dans les rapports de gestion des organismes habilités à recevoir les actes homophobes à caractère discriminatoire.

Tout en présentant un aperçu de la connaissance de l’homophobie, le projet pilote aura permis de mieux comprendre la dynamique qui entoure les actes homophobes. Le rapport met en évidence que les victimes d’actes homophobes ne sont que 23 % à déclarer avoir porté plainte auprès des autorités publiques. Il ressort du rapport que :

• 70 % des victimes sont de genre masculin contre 15 % de genre féminin et 3 % pour les transgenres (12 % non précisé).

• 78 % des agresseurs sont aussi de genre masculin contre 22 % de genre féminin.

• 52 % des victimes appartiennent au groupe d’âge des adultes, 17 % des jeunes adultes, 12 % des mineurs et 4 % des aînés (14 % non précisé).

• 74 % des victimes sont des Blancs, 4 % des Arabes, 2 % des Noirs, 1,6 % des Latino-Américains, 0,4 % des Asiatiques (18 % non précisé).

• 57 % des actes homophobes sont commis par des adultes, 25 % par de jeunes adultes, 12 % par des mineurs et 6 % par des aînés.

• 57 % des actes homophobes sont commis par un seul agresseur et 42 % sont commis par deux agresseurs et plus (1 % non précisé).

• 56 % des actes homophobes sont commis dans l’espace public, contre 21 % dans les lieux résidentiels, 16 % au travail et 8 % à l’école.

Les types d’actes homophobes les plus souvent déclarés et consignés au registre sont :

• 26 % la discrimination
• 20 % les insultes
• 16 % les gestes et les moqueries
• 9 % l’intimidation
• 7 % la violence verbale
• 7 % les menaces
• 4 % le harcèlement
• 4 % les abus, le vandalisme et le vol
• 3 % la violence physique
• 3 % la propagande haineuse
• 1 % autres

De manière générale, 57 % des actes homophobes sont avant tout des actes à caractère discriminatoire, alors que 42 % sont à la fois à caractère discriminatoire et à caractère criminel. Il n’y a que 1 % des actes déclarés qui sont strictement à caractère criminel. La violence physique, la violence verbale, les menaces, le vandalisme, la propagande haineuse, le vol sont considérés être des actes à caractère criminel.

Aussi, à 75 reprises, on a déclaré un acte homophobe survenu dans un média : Internet comptant pour 56 % de ces déclarations, 11 % pour la télé, 11 % pour la radio, 9 % pour les journaux, 9 % pour les graffitis.

Enfin, Laurent McCutcheon est d’avis « que le projet pilote a permis de mieux comprendre le phénomène des actes homophobes, qu’il a semé l’habitude de rompre le silence face aux actes homophobes, qu’il constitue une mesure structurante de lutte contre l’homophobie et que sa pertinence milite en faveur de sa prolongation ».

Consultez le rapport intitulé L’homophobie dénoncée.

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Source : Interligne

Entrevues et renseignements :
Laurent McCutcheon, ancien président d’Interligne et auteur du rapport, 514 522-7614