35 ans d’évolution des enjeux LGBT à la ligne d’écoute

Par WebmestreAccueil, Communiqués

Montréal, le 22 octobre 2015  ─  Depuis 1980, Interligne a répondu à des centaines de milliers d’appels de personnes souhaitant être écoutées ou renseignées concernant l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. En raison de ses 35 ans d’existence et de la nature de sa mission, Interligne offre un précieux point d’entrée pour comprendre l’évolution des préoccupations des personnes lesbiennes, gaies et bisexuelles et de leurs proches.

Les années 1980

En 1980, peu de temps après l’adoption de la Charte des droits et libertés, la discrimination envers les personnes LGBT fait encore rage. « Les gais et lesbiennes ont l’obligation de se cacher dans leur milieu de travail et auprès de leur médecin », explique M. Laurent McCutcheon, président d’Interligne de 1982 à 2013. L’homosexualité est un sujet tabou, confirme André, écoutant depuis les tous débuts d’Interligne. Les ressources sont peu nombreuses pour les hommes et presque inexistantes pour les lesbiennes. Les principaux sujets à la ligne d’écoute? Une lourde et profonde solitude, le sentiment d’être seul au monde, la difficulté à accepter son orientation sexuelle et le souhait de rencontrer un ou une partenaire. À cette époque, pour plusieurs, le simple fait de parler à une autre personne gaie est rassurant.

Les années 1990

Surtout connu grâce au bouche-à-oreille, Interligne réussit après une longue lutte, en 1987, à diffuser sa première publicité dans les autobus de Montréal : Une orientation sexuelle différente. Les années 1990 sont donc marquées par un volume plus élevé d’appels et des sujets plus variés. À une période où l’homosexualité est davantage abordée dans l’espace public, le sujet du coming out prend de plus en plus de place lors des appels. Bien que le Canada ait signalé son premier cas de sida en mars 1982, c’est surtout vers la fin des années 1980 et le début des années 1990 que la crainte du VIH/Sida transparait à la ligne d’écoute. De plus, si les possibilités de rencontrer un ou une partenaire deviennent plus grandes, les personnes LGBT demeurent mal à l’aise de parler de leurs difficultés de couple avec leurs proches. Elles se tournent donc régulièrement vers Interligne pour se confier et être écoutées lors de ruptures. Enfin, en 1996, une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux permet à Interligne d’étendre ses services à l’extérieur du Grand Montréal. Les écoutants et écoutantes découvrent alors combien la solitude pèse les personnes LGBT vivant en région, où les ressources demeurent peu nombreuses.

Les années 2000

C’est au cours des 15 dernières années que les parents d’enfants LGBT ou en questionnement se tournent progressivement vers Interligne. Plusieurs se soucient du regard des autres et de l’avenir de leur enfant. Beaucoup ont besoin d’être écoutés et soutenus dans leur cheminement d’acceptation de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de leur enfant. D’autres encore cherchent à comprendre une réalité qu’ils connaissent peu afin de mieux accompagner leur enfant.

Les années 2000 sont également marquées par une augmentation des ressources. Cette réalité permet aux écoutants et écoutantes d’Interligne d’aller au-delà de l’écoute et de référer les appelants et appelantes vers des ressources de plus en plus variées, tant pour les lesbiennes, qui se sont créées des associations et des réseaux solides au fil des années, que pour les hommes gais et les personnes bisexuelles, trans* et en questionnement : groupes de discussion, groupes sociaux, clubs sportifs, outils pour les intervenants en milieux scolaire et sportif, etc.

De plus en plus de personnes trans ou de personnes en questionnement concernant leur identité ou expression de genre se tournent également vers Interligne. Cette réalité a amené Interligne et l’Aide aux trans du Québec (ATQ) à faire des échanges d’expertise afin de mieux servir les communautés trans. Pour refléter ce changement, Interligne a également révisé sa signature pour la rendre plus inclusive : Pour les personnes concernées par la diversité sexuelle et de genre.

Et aujourd’hui?

Aujourd’hui, heureusement, la dynamique sociale a changé : les ressources et les modèles positifs sont plus nombreux. Mais en 2015, le motif d’appel le plus fréquent chez les adultes et les aînés LGBT demeure la solitude et le rejet. De plus, les jeunes LGBT font toujours face à plus de préjugés et de victimisation à l’école que leurs pairs non LGBT[1]. « Comme nous sommes une minorité, nous aurons toujours, en tant que personnes, un vécu différent : un processus de découverte, d’acceptation et de coming out », explique M. McCutcheon. « Ce processus est plus rapide aujourd’hui qu’en 1980, croit M. McCutcheon, mais il fait partie du cheminement de chaque personne LGBT ». La crainte de le dire aux parents et la peur du rejet des pairs est palpable dans la voix de certains jeunes qui appellent à Interligne. Pas de surprise, donc, que les motifs d’appels les plus fréquents soient également la découverte et l’acceptation, les relations familiales et amicales ainsi que le coming out.

« Il importe de poursuivre dans la lancée de présenter des modèles positifs de personnes LGBT dans toutes les sphères de la société », affirme M. Robert Asselin, président d’Interligne. En outre, « chacun et chacune peut contribuer à une société plus ouverte en posant des gestes d’ouverture envers la diversité sexuelle et de genre, tant à la maison, qu’en milieu de travail ou à l’école », rappelle M. Pascal Vaillancourt, directeur général d’Interligne.

 

À propos d’Interligne

Interligne offre un service de renseignements, d’écoute téléphonique et de clavardage à toute personne concernée par la diversité sexuelle et de genre. Les services d’Interligne sont gratuits, anonymes et confidentiels. 1 888 505-1010, www.interligne.co.

* Dans ce texte, le mot « trans » englobe les réalités transgenres, transsexuelles et transidentitaires.

 

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Dans le cadre du 35e anniversaire d’Interligne, des ressources pour les médias sont publiées à l’adresse suivante www.interligne.co/35e et le mot-clic #gaiecoute35 sera utilisé dans les médias sociaux.

 

Source :          Interligne : 514 866-6788

 

Renseignements :

Maryse Bézaire, directrice des communications
514 866-6788 poste 29
438 862-2718

[1] Dyck, D. Ryan. 2012.  « Sommet 2012 sur la prévention du suicide chez les jeunes LGBTQ : Rapport sur les résultats et recommandations », Fonds Égale Canada.