Parents

Relations parent-enfant

Quelles sont les caractéristiques de l’homosexualité?

« Que signifie être homosexuel? Facile direz-vous. Être homosexuel c’est avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe que soi. Si seulement c’était si simple à vivre et à expliquer…

À partir de cette définition, que dire d’un homme marié, père de famille, qui n’a jamais eu d’aventures homosexuelles, mais qui navigue en secret le soir sur Internet sur des sites destinés aux homosexuels. Faut-il passer aux actes pour être gai? Que dire encore d’une femme hétérosexuelle qui se sent attirée autant par les hommes que par les femmes et qui entretient avec sa meilleure amie une relation platonique proche de la passion amoureuse? (…)

Le docteur Alfed Kinsey a déterminé en 1948, après une étude sur l’homosexualité masculine réalisée auprès de 12 000 hommes américains de race blanche, que l’homosexualité peut aller de la simple excitation psychique jusqu’à l’expérience sexuelle complète. (…) »

À partir de la recherche de Kinsey et d’autres recherches plus récentes, on s’accorde généralement à dire que l’orientation sexuelle se détermine de la manière suivante :

L’imaginaire romantique/érotique
Nous avons tous et chacun un imaginaire romantique et érotique, c’est-à-dire que nous nous « rêvons » dans les bras d’un partenaire de relations sexuelles, un partenaire de vie amoureuse, de vie commune. Certaines personnes s’imaginent plus facilement en relation avec une personne du même sexe. Quand on a des pensées homosexuelles, on peut donc choisir de les ignorer et de vivre quand même un mode de vie hétérosexuel. On peut aussi choisir d’explorer plus en profondeur notre imaginaire romantique/érotique et de passer aux actes.

Les comportements
On parle ici d’ « agir » sexuel. Au cours d’une existence, une personne ne peut avoir que des comportements sexuels hétéro ou choisir d’explorer le plaisir avec une personne du même sexe. Certaines personnes, bisexuelles, se montrent capables de désir et de plaisir avec des personnes des deux sexes. Qu’est-ce qui nous amène à mener un mode de vie sexuel plutôt qu’un autre? C’est parfois l’imaginaire romantique/érotique qui nous guide. Nos comportements sont aussi dictés par les expériences diverses, bonnes ou mauvaises, qui jalonnent nos vies.

Disons les choses comme elles sont : la majorité des gens éprouvent du dégoût ou de la répulsion à imaginer deux personnes de même sexe faisant l’amour ensemble. Pourtant, le fait de vivre des relations sexuelles « saines » ou « malsaines » n’a rien à voir, à proprement parler, avec l’orientation sexuelle de la personne, mais plutôt avec son sens des valeurs et de l’éthique sexuelle. Ainsi, chez les hétérosexuels, comme chez les homosexuels, il y a des relations intimes qui sont empreintes de désir, d’amour et de respect mutuel, d’autres qui se fondent sur la domination, les excès et les abus de tout genre.

L’identification personnelle en tant que gai ou lesbienne
Le troisième facteur déterminant de l’homosexualité, après l’imaginaire romantique/érotique et les comportements, est la façon de se percevoir soi-même, de se définir et de s’affirmer dans son entourage. Reprenons l’exemple de l’homme marié qui furète sur des sites homosexuels. Il pourrait même passer aux actes et avoir quelques aventures homosexuelles tout en continuant de se dire hétérosexuel. Chacun a sa propre façon de se définir soi-même, de « se dire » aux autres. J’en profite pour indiquer que les personnes homosexuelles utilisent plusieurs termes différents pour se définir. Ainsi, certaines femmes diront qu’elles sont « lesbiennes » tandis que d’autres, inconfortables avec ce mot, préféreront dire qu’elles sont « gaies ». L’important, c’est que c’est à la personne elle-même de se définir.

En conclusion, lorsqu’une personne gaie fait son coming-out, c’est généralement qu’elle se considère homosexuelle compte tenu de son imaginaire romantique/érotique, de ses comportements et de sa vision de ce qui est considéré par elle comme étant homosexuel ou non.

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Quelles sont les étapes que je vais franchir face à l’homosexualité de mon enfant?

Chaque parent a sa propre manière de réagir. Certains parents qui apprennent l’homosexualité d’un enfant traversent les mêmes étapes que celles associées à un deuil conventionnel, dans la mesure où apprendre l’homosexualité de son enfant est un peu, pour eux, comme s’il fallait faire le deuil de l’enfant « idéal ». Cette réaction s’apparente à celle que ressent chaque père et chaque mère qui voit son enfant emprunter un chemin différent de celui qu’ils auraient souhaité pour lui, même inconsciemment. Ces parents ressentent d’abord un état de choc, caractérisé par les larmes, la colère, le déni, l’impuissance et d’autres émotions contradictoires. Une fois cette étape passée, on traverse une forme « d’adaptation » où l’on cherche, entre autres, à mieux comprendre la réalité de son enfant. Puis viennent la tolérance et l’acceptation, caractérisées par un sentiment de plus en plus grand de confort face à une réalité que l’on comprend mieux. Le processus complet peut s’échelonner sur un an ou sur de nombreuses années, selon les cas. Il est important de respecter son rythme tout en gardant avec son enfant une relation la plus ouverte et la plus saine possible.

La mère d’un jeune homme d’une vingtaine d’années me disait qu’elle n’était pas du tout d’accord avec cette notion de « deuil ». « À partir du moment où mon fils a fait son coming-out, je l’ai vu se transformer sous mes yeux. Lui qui était plutôt solitaire et taciturne s’est mis à nous parler plus ouvertement à son père et à moi, à avoir des activités sociales. Le coming-out de mon fils a marqué le moment où il s’est tellement épanoui que nous avons eu l’impression non pas de perdre notre fils mais plutôt de le découvrir ».

Comme on le voit, il y a plusieurs façons de réagir. L’important, en tant que parent, c’est idéalement de continuer d’avoir à cœur le bien-être et la santé de notre enfant, de pouvoir lui dire qu’on l’aime, surtout s’il s’agit d’un adolescent ou d’une adolescente qui a besoin de soutien dans son cheminement vers l’âge adulte.

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Qu’est-ce qui cause l’homosexualité?

Je demandais à de jeunes gais et lesbiennes qu’elle a été la toute première réaction de leurs parents face à leur homosexualité. Voici quelques-unes des réponses qu’ils m’ont fournies :

  • Marielle, 16 ans : « ma mère m’a demandée si j’avais été victime d’abus sexuel, si j’avais vécu des expériences sexuelles négatives avec les garçons de mon âge ».
  • Félix, 18 ans : « mes parents sont divorcés. Mon père m’a dit que ça dépendait de ma mère, qui m’avait trop couvé et privé de lui comme modèle masculin ».
  • François, 21 ans : « mes parents sont convaincus que l’homosexualité est innée, que cela se détermine génétiquement dans les premiers moments de la vie. Moi, je ne sais pas. »

 

Chaque fois que je donne une conférence sur l’orientation et l’identité sexuelles, la question de la cause de l’homosexualité est posée. Chaque fois, cela donne lieu à des débats passionnants… qui ne mènent à aucune réponse définitive puisque les déterminants de la sexualité humaine sont nombreux et complexes. Ils sont d’ordre corporel, psychique et spirituel et sont intimement liés au besoin qu’éprouve chaque être humain d’aimer et d’être aimé de manière authentique. Des centaines de recherches scientifiques n’ont pas encore donné de réponses définitives sur les causes exactes de l’homosexualité. Je propose le point de vue suivant : si l’on veut tant trouver la cause de l’homosexualité, est-ce vraiment pour mieux comprendre les gais et les lesbiennes ou est-ce plutôt pour essayer d’enrayer ce phénomène? Par exemple, si l’on découvrait que l’homosexualité dépend d’un gène « défectueux », voudrait-on alors trouver une cure pour corriger cette anomalie?

Au lieu de demander à son enfant gai ce qui a provoqué son homosexualité; au lieu de lui dire que cela dépend certainement d’une défectuosité de la nature ou de mauvaises expériences sexuelles avec des personnes de sexe opposé, ce qui lui laissera immédiatement entendre qu’il est « malade », « anormal », pourquoi ne pas plutôt lui demander comment il s’explique lui-même son homosexualité? Est-ce important, pour lui, de connaître les causes de son orientation sexuelle? Mieux encore, au lieu de l’interroger sur les « pourquoi » de son homosexualité pourquoi ne pas parler avec lui de « comment » il vit cette réalité? Dans les « pourquoi », il y a souvent une forme d’accusation, tandis que dans les « comment » il y a une saine curiosité qui peut mener à un dialogue plus franc, plus ouvert et généreux avec son enfant.

 

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Est-ce qu’une jeune personne de 11 ans, qui n’a pas encore eu de relations sexuelles, peut se déclarer gai, lesbienne ou bisexuelle?

« L’enfant est trop jeune pour savoir », dira-t-on parfois. Mais qu’arrive-t-il lorsqu’un garçon de 11 ans dit qu’il s’est fait une « blonde » dans sa classe? Lui répondra-t-on qu’à son âge, il est trop jeune pour savoir s’il est attiré par un genre ou un autre?

Il n’y a pas d’âge à priori pour prendre conscience de son orientation sexuelle, quelle qu’elle soit. Une jeune personne peut très bien se « savoir » gai, lesbienne ou bisexuelle à un très jeune âge, dès l’enfance même, parce que l’orientation sexuelle d’une personne est définie par son imaginaire romantique et érotique, par ses comportements et la façon qu’elle a de se présenter aux autres. L’adolescence est d’ailleurs, pour beaucoup de personnes, une période d’exploration, de découverte, de construction et d’affirmation de soi. Il ne faut donc pas nécessairement avoir eu des expériences sexuelles concrètes pour se savoir attiré par un sexe ou par l’autre. Ainsi, le processus d’identification et d’affirmation de la personne suit son cours au fil du temps, des événements, des attirances que l’on éprouve, des rencontres que l’on fait.

Si vous ou votre enfant désirez en parler plus amplement, n’hésitez pas à communiquer avec nous en utilisant le clavardage en privé ou en appelant à la ligne d’écoute au 514 866-0103 ou au 1 888 505-1010.

 

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Comment vais-je parler de l’homosexualité de mon enfant aux autres membres de notre famille?

Certains parents se demandent si c’est à eux d’annoncer la nouvelle à leurs autres enfants, ou aux grands-parents du jeune gai. Je crois personnellement que c’est à la personne gaie de choisir à qui et à quel moment elle choisira de confier son orientation sexuelle. Vous n’avez aucune responsabilité proprement dite à cet égard, sauf, peut-être, si c’est votre enfant lui-même qui vous demande spécifiquement d’annoncer la nouvelle à ses frères et sœurs, à ses grands-parents ou autres. Ce n’est pas rare, par exemple, que l’enfant demande à sa mère de « passer le message » à son père, de peur de sa réaction, ce qui place souvent les mamans entre l’arbre et l’écorce. Vous avez alors le choix. Vous pouvez dire à votre enfant que vous acceptez de transmettre le message, si vous vous sentez à l’aise de le faire, surtout s’il est dans sa jeune adolescence. Mais vous pouvez aussi lui répondre que c’est à lui de le faire. Dans la mesure du possible, rassurez votre jeune que vous serez là pour l’appuyer. Mais ce qui importe, c’est de vous respecter vous-même, de respecter votre propre niveau de confort.

Mais il faut dire ceci : la plupart des parents, au moment où ils apprennent l’homosexualité de leur enfant, ne veulent pas que l’enfant en parle à la famille élargie, parce que cela les oblige en quelque sorte à faire leur propre coming-out comme parents d’un enfant gai. Il n’est pas rare que le père ou la mère d’un jeune gai ou jeune lesbienne demande à son enfant de ne rien dire aux cousins, cousines, aux oncles ni aux tantes. « Ne dis pas ça à ta grand-mère, ça va la faire mourir! ». Plusieurs gais et lesbiennes relatent avec tristesse cette expérience où leurs parents leur ont imposé le silence, leur ont en quelque sorte démontré qu’ils avaient honte d’eux. En tant que parents, il faut vraiment se poser la question : est-ce qu’on veut vraiment taire la nouvelle pour protéger une grand-mère qu’on croit fragile? Ou pour se protéger soi-même d’avoir à répondre à des questions sur l’homosexualité de son enfant?

Voici une piste de réflexion : pourquoi ne pas conclure un pacte avec votre enfant? Pourquoi ne pas lui expliquer que, comme lui, vous avez un coming-out à faire en tant que parent? Comme lui, vous avez besoin de temps avant d’assumer cette réalité? Dans ce contexte, on peut s’entendre avec son enfant sur une façon de se tenir au courant, les uns et les autres, des personnes à qui on choisit de confier la nouvelle. Je ne vous dis pas que ce pacte sera réalisable avec un jeune adolescent en pleine crise affirmative, comme c’est normal de l’être à l’adolescence. Mais, pourquoi ne pas essayer? Le même dialogue est suggéré auprès d’un enfant-adulte. Il est important de faire comprendre à son enfant que cela n’a rien à voir avec la honte, mais avec le respect mutuel.

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Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour que mon enfant soit homosexuel?

Voilà une des premières réactions, bien naturelle, de la majorité des parents qui apprennent l’homosexualité de leur fils ou de leur fille. Cette réaction s’apparente à celle que ressent chaque père et chaque mère qui voit son enfant emprunter un chemin différent de celui qu’ils auraient souhaité pour lui, même inconsciemment : on aurait aimé que son enfant fasse des études universitaires et il décroche au secondaire; on aurait espéré qu’il s’installe pour trouver un emploi stable et le voilà qui choisit de voyager de par le monde, sac au dos. Dès que l’enfant se montre différent de ce qu’on aurait souhaité pour lui commence pour les parents ce qu’on pourrait appeler le « deuil de l’enfant idéal ».

Mais voilà, pourquoi chercher à s’attribuer une faute, quelle qu’elle soit, en tant que parent? Pourquoi se croire tout à coup entièrement responsable du « malheur » de son enfant? Quand notre enfant réussit admirablement bien dans la vie (par exemple, s’il gagne une médaille olympique) est-ce qu’on s’en impute tout le mérite? Il me semble que non. En tant que parent, on reconnait facilement la part qu’a joué l’enfant dans son succès; on reconnait ses capacités physiques mais aussi sa détermination et ses efforts personnels, qui n’ont souvent rien à voir avec nous. C’est ici la même chose : l’enfant gai a des motivations physiques, psychologiques et émotives qui nous échappent parce qu’il est un être à part entière, différent de nous. Et peut-être que c’est cela le plus difficile : se rendre compte que notre enfant nous « échappe », qu’il est un être « séparé » de nous. Il y a dans cette étape de la vie le début d’un deuil, celui de laisser son enfant suivre sa propre route… même s’il s’agit d’une route que l’on n’aurait pas choisie pour lui.

J’ai écrit Vivre avec l’homosexualité de son enfant parce qu’il s’agit du livre dont moi et mes parents aurions eu besoin au moment où j’ai fait mon propre coming-out à l’âge de 24 ans. Qu’est-ce que mes parents ont fait pour que je sois lesbienne? Je ne saurais le dire, parce cela ne dépend pas d’eux mais plutôt de propres déterminants physiques, émotifs et psychologiques, des expériences que j’ai vécues et de celles que je n’ai pas vécues. Je sais une chose par contre : les valeurs de base que mes parents m’ont inculquées demeurent, ce qui me permet de vivre une vie très en lien avec ce qu’ils m’ont enseignée. Et, de cela, ils sont fiers.

Quand on demande à son enfant gai ce qu’on a fait de mal dans la vie comme parent pour qu’il devienne homosexuel, on lui envoie le message qu’il est fautif, que notre peine et notre déception dépendent de lui, que c’est de SA faute si nous sommes tout à coup malheureux et désemparés. Cela est particulièrement lourd à porter, particulièrement pour un adolescent qui a encore besoin du soutien de ses parents pour se bâtir une identité d’adulte. Plutôt que de demander à l’enfant ce qu’on a fait de mal en tant que parent, pourrait-on lui dire : « je suis déçu de te savoir homosexuel parce que je ne connais pas cette réalité. J’ai de la peine. Mais tu restes l’enfant que j’aime. Ça ne change rien à l’amour que j’ai pour toi. On va cheminer ensemble. Donne-moi du temps pour me faire à l’idée ».

La question de savoir ce que l’on a fait de mal ne devrait jamais, idéalement, être posée à l’enfant. Pourquoi ne pas en parler avec des amis, avec un spécialiste de la santé, un psychothérapeute? Parce que la culpabilité et la déception que l’on ressent en tant que parent n’appartiennent pas à l’enfant. Elles nous appartiennent à nous.

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Comment prendre soin de soi, comme parents, au moment du coming-out de son enfant?

Rester un couple fort au moment du deuil de l’enfant « idéal » n’est pas facile. Plus que jamais au moment du coming out, les parents auront besoin des ingrédients suivants l’un envers l’autre : le respect mutuel, le dialogue, le non-jugement, la patience. Ce qui se passe souvent, au moment du coming-out, c’est qu’un parent avance plus vite que l’autre dans l’acceptation de l’homosexualité, ce qui crée des tensions dans le couple ou aggrave les mésententes déjà existantes pour les couples séparés ou divorcés. Aussi, il n’est pas rare que la mère choisisse un rôle d’intermédiaire entre le jeune et son père, ou ses frères et sœurs, pour maintenir l’harmonie familiale et éviter les querelles ouvertes. Il est plutôt recommandé que chacun s’occupe de soi-même; que chacun laisse à l’autre la responsabilité de ce qu’il a à dire, de ce qu’il ressent. Jouer l’intermédiaire ne sert parfois qu’à empêcher des discussions qui, même si elles sont orageuses, peuvent être fructueuses. Il faut à tout prix éviter, de part et d’autre, de fermer entièrement la porte.

Face à leurs parents séparés ou divorcés, plusieurs jeunes gais et jeunes lesbiennes se trouvent malheureusement pris entre l’arbre et l’écorce. L’homosexualité du jeune peut devenir un motif supplémentaire pour culpabiliser l’ex-conjoint ou conjointe. « C’est à cause de toi si notre fils est gai, dira une mère. Si tu avais été présent, il n’aurait pas mal tourné ». On imagine à quel point un adolescent gai pourra se sentir si c’est le genre de propos qu’échangent ses parents.

En tant que parents, qu’on soit encore un couple ou qu’on soit séparés, il est essentiel de faire passer en premier le bien-être d’un jeune adolescent, qui a encore besoin du soutien parental pour compléter sa maturation en tant qu’adulte. Mais vous avez le droit de mettre vos limites, de maintenir des exigences sur le bien-être de l’enfant en premier, même si cela peut s’avérer extrêmement difficile au moment du coming-out. Au besoin, il est recommandé d’aller chercher de l’aide professionnelle, comme couple, pour s’entendre sur une façon de soutenir son enfant.

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Je me questionne sur l’orientation sexuelle de mon enfant. Est-ce qu’il serait mal vu que j’aborde moi-même le sujet?

Question : Je me questionne sur l’orientation sexuelle de mon enfant. Je crois que mon enfant est peut-être homosexuel(le) ou bisexuel(le), mais il ou elle n’en parle pas malgré le fait que nous sommes des parents ouverts à l’homosexualité et la bisexualité. Est-ce qu’il serait mal vu que j’aborde moi-même le sujet, ou dois-je attendre absolument qu’il ou elle m’en parle?

Réponse : Il arrive, pour toutes sortes de raisons, qu’en tant que parent, vous vous questionniez sur l’orientation sexuelle de votre enfant. Ces questionnements sont tout à fait compréhensibles et assez fréquents. Il n’y a toutefois pas de façon de connaître l’orientation sexuelle de votre enfant avant qu’il ou elle la confirme.

Plusieurs raisons incitent les jeunes à ne pas parler de leur orientation sexuelle avec leur(s) parent(s). Leur propre incertitude quant à leur orientation, la difficulté de l’accepter, l’espoir de changer et la peur du rejet font partie des barrières auxquelles se heurtent les personnes LGBT lorsque vient le temps de parler de ce qu’elles vivent.

Il est possible que votre enfant se sente offusqué et se referme si vous abordez le sujet de son orientation sexuelle directement. Il est donc important de ne pas le ou la pousser à parler. Vous pouvez toutefois créer un environnement sécurisant pour votre enfant afin qu’il ou elle se sente à l’aise de parler de sexualité avec vous. Pour ce faire, vous pouvez continuer d’exprimer des opinions positives quant à la diversité sexuelle et condamner les commentaires négatifs. Plus votre enfant sentira que vous l’accepterez comme il ou elle est, plus il y a de chances qu’il ou elle vous parle de son orientation ou de ses questionnements.

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Comment traverser le coming-out en famille?

Comment poursuivre le dialogue avec son enfant gai ou lesbienne dans cette période de crise?

Le deuil de « l’enfant idéal » n’est pas facile à faire pour les parents. Comme tous les deuils, celui d’avoir un enfant gai se manifeste d’abord par un état de choc, suivi d’une période d’adaptation, de tolérance et, éventuellement, d’acceptation.

Au moment du coming-out de son enfant, les parents ressentent très souvent de la colère, de la peine, de la honte. On pleure. On rage. On ne dort pas bien, et notre niveau de tolérance s’en ressent. On a envie de crier des injures. Et, dans ce contexte de crise, il est très difficile de s’entendre, de se comprendre, en tant qu’individu, en tant que couple et en tant que famille. Pour éviter une rupture qui pourrait être définitive avec son enfant, pour réussir à cheminer ensemble vers l’acceptation de l’homosexualité, il faut idéalement :

  • Avoir le désir sincère de garder la communication ouverte, dans le respect mutuel;
  • S’engager les uns envers les autres à respecter le rythme de chacun;
  • Faire des efforts pour se mettre « dans la peau de l’autre » et essayer de comprendre la situation de chacun des points de vue respectifs.

Cela n’est pas facile. Mais si, en tant que père et mère, on peut respecter ces lignes de conduite d’abord dans notre couple et, ensuite, auprès de son enfant, on pourra éviter de tenir des propos si coupants, si définitifs, que la relation familiale s’en trouve blessée parfois de manière irrémédiable. Convenons donc, avec notre enfant, d’essayer de garder le dialogue ouvert, de respecter le temps dont chacun et chacune a besoin pour cheminer et de faire des efforts réels pour comprendre ce que l’autre ressent.

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Comment puis-je arriver à accepter l’homosexualité de mon enfant?

Certains parents n’ont pas de difficultés à accepter l’orientation homosexuelle de leur enfant. Toutefois ce n’est pas toujours le cas. De plus, il n’est pas toujours facile d’aborder la question de l’homosexualité avec son enfant. Bien que chaque parent réagisse différemment, cette découverte est souvent un choc. En fait, une telle découverte demande aux parents de s’ouvrir à cette nouvelle réalité, de faire le deuil de leurs attentes et de s’engager, eux aussi, sur le chemin de l’acceptation de l’homosexualité de leur enfant.

Afin de mieux être préparées, nous suggérons aux personnes concernées de bien informer au sujet de l’homosexualité avant d’aborder cette question avec leur enfant. S’informer permet de mieux comprendre. Certains parents décident d’ailleurs de se joindre à des groupes d’entraide et à des associations pour parents d’enfants gais et lesbiennes, afin d’être soutenus dans ce cheminement.

Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à nous contacter pour en discuter davantage avec les intervenants et les intervenantes de Gai Écoute qui vous accueilleront chaleureusement.

Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux en collaboration avec le CLSC des Faubourgs de Montréal, Bien vivre son orientation sexuelle – Les hommes et l’homosexualité, 1999

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Pourquoi les gais sont-ils efféminés et pourquoi les lesbiennes ont-elles des allures masculines?

Une mère de famille racontait qu’elle n’avait aucun problème face à l’homosexualité de son fils mais que, ce qui la dérangeait, c’était qu’il soit efféminé. Était-elle réellement « entièrement » confortable avec l’homosexualité de son fils, ou était-elle mal à l’aise parce que ce côté efféminé rend son homosexualité « visible » aux yeux de l’entourage?

C’est un mythe de croire que les gais sont efféminés et que les lesbiennes sont des « garçons manqués ». Par contre, ce mythe requiert que l’on fasse une distinction entre ce qu’on appelle « l’orientation » sexuelle et « l’identité » sexuelle, qui sont deux choses bien différentes.

L’orientation a à voir avec l’imaginaire romantique/érotique de la personne, avec ses comportements sexuels proprement dits et avec la façon qu’a la personne de se présenter aux autres, en se disant gaie, lesbienne, bisexuelle ou hétérosexuelle.

L’identité sexuelle, pour sa part, ou ce qu’on appelle « l’identité de genre » , se définit par nos caractéristiques biologiques, c’est-à-dire par notre corps physique d’homme ou de femme. Notre sentiment d’être homme ou femme dépend aussi de la perception que nous avons de nous-mêmes en fonction des critères sociaux établis. Par exemple, les jeunes adolescentes d’aujourd’hui se comparent à des idoles comme Britney Spears; autrefois, l’idéal féminin était plutôt représenté par des femmes comme Marilyn Monroe. Chaque époque a ses modèles, parce que ces modèles sont définis par la société, les médias, le marketing, etc. Et c’est souvent la pression des pairs qui amène nos enfants à vouloir avoir l’air de ceci ou de cela.

Les filles qu’on dit « tom boy » ne sont pas nécessairement lesbiennes, et les garçons qui aiment, par exemple, s’habiller avec élégance ne sont pas nécessairement homosexuels. Porter un jugement définitif à partir de l’apparence des gens est risqué car, on le sait, les apparences sont trompeuses…

 

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Pourquoi les gais et les lesbiennes ont-ils besoin de crier leur homosexualité sur tous les toits?

Est-ce bien vrai que les gais et les lesbiennes s’affichent davantage que les hétérosexuels? Pensons-y bien… N’est-il pas vrai que, dans les lieux publics, on ne remarque pas, ou si peu, les couples hétérosexuels qui se témoignent de l’affection en se prenant par la main, en s’embrassant furtivement sur la bouche? Par contre, on se scandalisera de voir deux femmes ou deux hommes qui échangent le même baiser furtif. Il y a ici deux poids deux mesures.

Lors du défilé de la fierté gaie qui a lieu dans les grandes villes du monde pour célébrer la diversité, les caméras se posent généralement sur les gais et les lesbiennes qui ont des vêtements et des attitudes provocantes, ce qui pousse bien des gens à croire que tous les gais et les lesbiennes s’affichent sans pudeur. Mais voilà : lors d’un défilé gai, les caméras ne se posent pas sur les milliers de participants qui défilent tranquillement, habillés comme vous et moi au quotidien. Les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est bien connu. Alors, les médias sont peu intéressés aux gais célibataires ou aux couples homosexuels qui lisent leur journal en prenant un café le matin, qui font l’épicerie le jeudi soir, qui travaillent à la boucherie du coin, au gouvernement ou dans un grand magasin près de chez vous. Ces images-là, de bonheur tranquille, ne sont pas médiatisées ce qui fait qu’on croit à tort, en tant que parents, que nos enfants gais et lesbiennes ne connaîtront pas les bonheurs simples du quotidien. Heureusement, le bonheur existe pour tous, sans égard à l’orientation sexuelle.

Comme bien d’autres gais et lesbiennes, j’ai personnellement senti le besoin d’affirmer davantage ma différence, mon identité, au moment de mon coming-out. Ce désir d’affirmation personnelle, particulièrement propre aux adolescents, peut entraîner des comportements plus « visibles », et c’est normal. Que l’on soit hétérosexuel, gai ou lesbienne, chacun a sa propre manière de se présenter au monde, de s’affirmer et de se définir.

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Mon enfant veut absolument que je rencontre son chum/sa blonde, mais je ne me sens pas prêt!

Les adolescents sont en marche vers l’autonomie adulte. Sous des apparences rebelles, ils ont souvent besoin de l’amour « inconditionnel » et de l’approbation de leurs parents. Pour cette raison, votre jeune voudra peut-être, au lendemain de son coming-out, vous présenter son chum ou sa blonde, voire même de l’inviter à coucher à la maison la fin de semaine suivante! S’ils sont aussi empressés, c’est aussi qu’ils sont souvent très heureux d’être en amour et ont envie de vous faire partager ce bonheur.

Tout comme si votre enfant était hétérosexuel, vous avez le droit de fixer vos limites, de fixer vos propres règles dans la maison. Tout est dans la manière de le faire. Si vous vous en sentez capable, expliquez-lui que vous avez besoin de temps; demandez-lui de la patience. Il serait important que le jeune sente que ce n’est pas à cause de son homosexualité que cela lui est interdit. Évidemment, il vous faudra trouver une façon de faire qui soit correcte avec le jeune, surtout si ce privilège d’amener coucher son chum ou sa blonde à la maison est accordé aux frères et sœurs…

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Mon enfant est dans la préadolescence et n’est pas encore au secondaire. Il ou elle nous a annoncé son homosexualité et dit ne pas s’accepter. Je voudrais l’aider, mais comment faire?

L’acceptation et l’ouverture sont de très bonnes attitudes à adopter lorsque votre enfant vous annonce ou vous parle de son orientation sexuelle. En créant un milieu positif pour votre enfant au sein de la famille, il ou elle pourra se sentir à l’aise de vous parler de ses problèmes et de ses sentiments par rapport à ce qu’il ou elle vit. L’écoute et le soutien contribuent grandement au bien-être de votre enfant.

Afin de l’aider dans sa démarche d’acceptation, il est possible de vous informer vous-même sur les réalités des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans (LGBT) afin de pouvoir avoir des discussions avec votre enfant et le rassurer. Il existe également plusieurs séries télévisées, films ou livres incluant des personnages ou réalités LGBT que vous pouvez inclure dans vos activités avec votre enfant. De plus, si une personne autour de vous en qui vous avez confiance (ami, membre de la famille, enseignant, etc.) a déjà connu une expérience semblable à celle de votre enfant, il ne faut pas hésiter à aller vers elle pour en parler.

Finalement, dans notre site web, vous trouverez des ressources pour les parents d’enfants LGBT ou en questionnement. Notre guide de ressources LGBT propose également des regroupements et sites web pour les jeunes LGBT ou en questionnement.

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Pourquoi est-il important pour Gai Écoute d’écouter aussi les parents?

Tout comme les jeunes peuvent prendre un certain temps avant de bien comprendre et accepter leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, les parents peuvent aussi prendre un certain temps à comprendre et accepter l’orientation sexuelle ou l’identité de genre de leur enfant. Lors d’un coming out, certains parents vivent un « deuil » de l’enfant idéalisé ou imaginé. Cette réaction s’apparente à celle que ressent chaque parent qui voit son enfant emprunter un chemin différent de celui qu’ils auraient souhaité pour lui, même inconsciemment. Les parents peuvent alors passer par diverses émotions allant de l’état de choc, à la colère ou à la tristesse. Dans la plupart des cas, peu à peu, les parents s’adapteront à la révélation de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de leur enfant et finiront par accepter cette situation.

À Gai Écoute, notre mission est d’offrir des services à toute personne concernée par la diversité sexuelle et de genre que ce soit directement aux personnes LGBTQ+, à leurs proches et aux intervenants qui travaillent auprès d’eux. Le processus de coming out est processus partagé et à étapes multiples qui prend du temps et nous sommes disponibles pour écouter les parents et offrir un soutien.

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Comment parler de santé sexuelle avec ses enfants?

La majorité des parents éprouvent certaines difficultés à aborder le sujet de la sexualité avec leurs enfants lorsqu’ils sont hétérosexuels. Il va de soi que le sujet n’est pas plus facile quand les enfants sont homosexuels. Il n’y a pas de trucs ou de recettes miracles pour parler de sexualité avec ses enfants. Il faut voir selon les situations, les personnalités, les sensibilités et le niveau de connaissances de chacun. En fait, vos enfants ont probablement déjà entendu parler du VIH/Sida et des infections transmises sexuellement (ITSS) et par le sang dans leur milieu scolaire.

Certains spécialistes affirment que la meilleure façon de se préparer comme parents est de bien se renseigner sur les questions relatives à la santé sexuelle chez les jeunes. En exemple, il a été démontré que les simples mises en garde sont insuffisantes car les jeunes ont besoin de faits. Ainsi, mieux renseignés, vous serez plus en mesure d’établir une communication ouverte avec vos enfants. Enfin, les parents qui désirent être informés davantage sur le VIH/Sida et les ITSS peuvent se référer au site Internet www.masexualite.ca/parents, qui se spécialise dans la diffusion d’informations fort pertinentes en matière de santé sexuelle.

Source : www.masexualite.ca/parents

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Mon enfant sent que je l’ai abandonné depuis que je lui ai dévoilé mon orientation sexuelle

Dévoiler son orientation sexuelle est un acte qui démontre que l’on tend vers l’authenticité, mais aussi que l’on recherche le respect de soi. Bien souvent, le dévoilement de son orientation sexuelle à ses enfants demande beaucoup de courage et de temps. Tout comme cela vous a peut-être pris du temps pour faire votre dévoilement, il peut aussi être nécessaire de laisser à votre enfant le temps de s’adapter à la nouvelle.

L’expérience des parents LGBT démontre, à priori, que cette annonce peut être bouleversante et provoquer un sentiment d’insécurité chez l’enfant, de même que la tristesse, de la colère, de l’incompréhension ainsi que de la peur de perdre votre amour et le lien qu’il ou elle a avec vous.

En ce sens, il est bien de prendre le temps d’expliquer la situation à votre enfant, de répondre à ses questions, de discuter ouvertement avec lui ou elle. Continuez à lui démontrer votre amour, votre affection et à être présent dans les étapes de sa vie. Conserver la routine et les activités habituelles est rassurant et sécurisant pour l’enfant. Cela peut démontrer que, malgré votre dévoilement, les choses restent les mêmes et cela peut permettre de conserver un sentiment de stabilité dans sa vie. Le temps et les efforts que vous ferez pour maintenir une relation aimante entre vous deux vous aideront grandement à traverser cette période.

Une fois le choc passé, il est réconfortant de savoir que de nombreuses familles vivent bien cette réalité et continuent à entretenir des relations harmonieuses.

Pour parler davantage de ce que vous vivez, n’hésitez pas à joindre Gai Écoute par téléphone (1-888-505-1010), clavardage (www.gaiecoute.org/clavardage) ou courriel (aide@gaiecoute.org).

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Ressources connexes

  • Vogay.ch
    Ce site propose des documents d’information pour les parents de jeunes LGBT.
  • Monfilsgai.org
    Une initiative de RÉZO, Monfilsgai.org propose des ressources et des témoignages pour les familles qui accompagnent un fils gai.
  • The Parents Project
    Une ressource en anglais pour aider les parents à mieux comprendre leur enfant LGBT.