Qu’est-ce qu’une personne non-binaire?

« Dans toutes les cultures et à différents moments de l’histoire, il a existé et existe toujours différentes formes d’identifications non conformes aux normes de genre en place. Ce qui diffère d’une culture à l’autre ou d’un moment à l’autre, c’est la manière dont la société les intègre, les célèbre, les normalise, les réprime ou les efface. Ce constat suppose que chaque société a sa propre compréhension du corps sexué, du genre et de la sexualité.

Dans la société occidentale, depuis la fin du XIXe siècle, les conduites transgressives de genre et de sexualité ont été pathologisées. Autour des années 1980, en réponse à la longue stigmatisation dont ont été victimes les personnes trans, une critique émerge au sein de leurs communautés. C’est à ce moment que commence à se populariser le terme « transgenre », qui fait référence à l’hétérogénéité des parcours et qui se positionne politiquement par rapport au terme « transsexuel », terme fortement connoté et controversé. « Transgenre » ou « trans » renvoi au fait que le genre est vécu, incarné, performé, et que c’est un phénomène bien plus complexe et varié que ne le laisse croire l’idéologie binaire et essentialiste de la modernité eurocentrique. De plus, le terme transsexuel peut porter à confusion et laisser croire qu’il s’agit d’une sexualité, alors que le terme transgenre précise qu’il s’agit d’un changement dans l’expression de genre.

On peut observer qu’en Occident, depuis l’arrivée du mouvement militant pour la reconnaissance et les droits des personnes trans, il y a de plus en plus de personnes qui prennent la parole publiquement pour affirmer que leur identité de genre se situe à l’extérieur des catégories mutuellement exclusives normalement reconnues « homme » ou « femme ». Ces personnes sont non binaires. Elles peuvent s’identifier dans le spectre de la binarité homme-femme ou complètement à l’extérieur de celui-ci. Certaines personnes non binaires refusent que leurs organes génitaux et leur phénotype définissent leur identité de genre. Elles s’opposent généralement à l’idée répandue dans la culture occidentale que le genre des individus soit déterminé par la constitution de leur corps (chromosomes, organes génitaux, système reproducteur, hormones, etc). »

 

Source : Masson-Courchesne, Antoine, 2018, « La reconnaissance sociale des personnes non binaires dans le genre au Québec », Articulation Magazine, http://www.articulationmagazine.com/la-reconnaissance-sociale-des-personnes-non-binaires-dans-le-genre-au-quebec/?fbclid=IwAR1FaXGT6pVOSf94b5nFm4-zNZ1RaA4b6XPCcl-zVGzyTe9IdMZ68-NQt4k, consulté de 28 avril 2020.

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